lundi 21 février 2011

Peugeot pourrait créer une nouvelle marque low cost // Volvo va investir massivement en Chine

Volvo va investir massivement en Chine

La marque suédoise, rachetée par le chinois Geely, veut être capable de produire jusqu'à 300.000 véhicules dans le pays.


La renaissance de Volvo ne passera pas seulement par des capitaux chinois, mais aussi par le marché chinois. Telle est, manifestement, la conviction de Li Shufu, le président du groupe automobile chinois Geely, qui a racheté l'année dernière à Ford le constructeur suédois Volvo pour 1,3 milliard d'euros.

Volvo s'apprête à dévoiler, en fin de semaine, un plan d'investissement massif dans l'empire du Milieu. D'après Reuters, la première étape de ce chantier consistera à ouvrir une chaîne de production dans la région de Chengdu, au centre de la Chine, pour pouvoir y produire jusqu'à 125.000 véhicules en 2013. Deux autres usines devraient suivre. Avec un objectif plus qu'ambitieux : se donner les moyens de vendre, sur le territoire chinois, 300.000 véhicules par an, contre au total moins de 25.000 l'année dernière. Ce qui ferait de la Chine le premier marché pour Volvo, puisque la société vise des ventes mondiales de 800.000 unités par an.

Premier marché mondial

A son tour, Volvo prend donc acte du statut de premier marché automobile au monde qu'a acquis la Chine en 2009. Et que cette dernière a confirmé en 2010, au terme d'une année record, avec une croissance de plus de 30 % à 18 millions d'unités. Volvo lui-même a vu ses ventes doubler l'an dernier en Chine.

Pour Volvo, le choix de la ville de Chengdu s'explique par la nécessité de s'éloigner des zones côtières, où les salaires ont substantiellement augmenté. Mais il a d'autres avantages, salués par les analystes. Cette implantation placera l'usine à proximité de l'usine Ford de Chongqing, où étaient produits des modèles Volvo, avant le rachat par Geely de la marque scandinave.

Surtout, Chengdu est considérée comme l'une des villes où le marché du luxe se développe le plus vite. L'an dernier, selon la société J.D. Power, 3 % des ventes de véhicules haut de gamme ont été enregistrées à Chengdu. Une particularité qui n'a pas échappé à Li Shufu, dont l'objectif, avec Volvo, est de se faire une place sur le haut de gamme, ce que Geely ne lui permet pas, compte tenu du positionnement historique très low cost de la marque.

Se doter d'une marque à forte valeur ajoutée semble d'autant plus pertinent aujourd'hui sur le marché chinois qu'on anticipe désormais un assagissement de la croissance des segments inférieurs. En janvier, les ventes de véhicules ont progressé moins vite qu'au cours des mois précédents -quoiqu'à un rythme de 16 % sur un an. Un léger essoufflement qui traduit la fin d'une politique de subvention aux petits véhicules. Mais qui pourrait s'accélérer si les restrictions drastiques d'immatriculations décidées par Pékin, à la fin décembre, étaient appliquées par d'autres villes. Vendredi, le constructeur chinois BYD a annoncé qu'il allait réduire substantiellement ses prix, faisant craindre à certains le début d'une guerre des prix dans le secteur. Avec Volvo, Geely espère bien s'en tirer par le haut.

Peugeot pourrait créer une nouvelle marque low cost

Le groupe PSA Peugeot Citroën étudie la possibilité de créer une troisième marque, sans doute en partenariat avec le chinois Changan pour répondre à la demande de véhicules bon marché.

Renault a bien sa Logan Dacia, PSA Peugeot Citroën pourrait un jour avoir à son tour une marque low cost. Le constructeur automobile français, qui a prévu de commercialiser, d'ici à 2012-2013 une série de véhicules d'entrée de gamme avec son nouveau partenaire chinois Changan, n'exclut pas de lancer à cette occasion une nouvelle marque, dont la vocation serait de faire entrer le groupe sur le segment low cost à l'échelle mondiale. « Nous ne sommes pour l'instant pas présents sur ce segment de marché. Nous réfléchissons à la possibilité d'y être un jour. La réponse ne sera pas forcément positive, mais si nous le faisons, je ne nous vois pas le faire avec les marques Peugeot ou Citroën », explique Philippe Varin, le président du directoire de PSA, qui ajoute que la commercialisation devrait également se faire via des canaux ou des réseaux de concessionnaires distincts.

Cohérence avant tout

Engagé dans une stratégie de montée en gamme avec ses marques historiques, le groupe automobile estime en effet qu'il ne pourrait pas d'un côté chercher à remonter le prix de vente de ses véhicules en lançant de nouveaux modèles comme la RCZ ou la ligne DS et de l'autre associer l'image du lion ou des chevrons à des voitures bon marché. « La force d'une marque, c'est sa cohérence », explique le patron de PSA. « Le marché automobile est en forme de sablier. Nous avons des modèles spécifiques pour le haut de gamme, mais nous ne sommes pas présents sur la partie basse », analyse Philippe Varin. « Le marché évolue. Nous devons nous adapter », explique le dirigeant.

La base de ce premier véhicule pourrait être apportée par Changan, qui dispose déjà d'une offre low cost. Ce nouveau modèle serait différent de la future voiture de catégorie C (l'équivalent en taille de la 408) qui doit être assemblée à partir de 2012 à Vigo, en Espagne, puis en Chine et enfin à terme en Inde où le groupe est en train de s'implanter. L'identité de cette nouvelle marque n'est pas encore arrêtée, mais le groupe réfléchit à un nom dont la résonance conviendrait aussi bien au marché chinois qu'au reste de la demande internationale.

Le groupe français estime qu'il est trop tôt pour savoir où pourraient être produits ces futurs véhicules. Au-delà des problèmes et des coûts logistiques, la priorité des usines chinoises restera, à moyen terme, au moins de faire face au boom de la demande interne. Sur ce marché, devenu le premier au monde, le groupe automobile souhaite faire passer sa part de marché de 3,4 % à 8 %.

Le tandem PSA-Changan ne s'interdit toutefois pas d'exporter une partie de sa production. La joint-venture devrait ainsi chercher dans un premier temps à exporter vers l'Asie du Sud-Est une partie de sa production de véhicules utilitaires légers.

A l'occasion d'une rencontre avec la presse, Philippe Varin a également rappelé que la première société commune montée en Chine (DPCA) avait dégagé en 2010, pour la première fois, de réels bénéfices (159 millions d'euros, soit 14 % du résultat net du groupe). Cette coentreprise devrait d'ailleurs verser son premier dividende cette année pour le compte de l'exercice 2010. Le groupe automobile, qui poursuit sa stratégie de mondialisation, réaffirme qu'il entend réaliser la moitié de son chiffre d'affaires hors d'Europe en 2015, contre 32 % en 2009, et 39 % en 2010.

lundi 7 février 2011

émission Sinosphère sur France O : les patrons chinois

J'ai regardé l'émission de Sinosphère ce soir sur France O, un numéro spécial dont le sujet est "les patrons chinois et management en Chine".

Très franchement, l'émission est très bien faite, et il y avait des intervenants de grande qualité parmi lesquels on trouve le patron de ZTE Lin Cheng, le professeur de HEC Jean Paul Larçon qui a écrit un superbe livre sur les entreprises multinationales chinoise, et deux personnes en lien avec la Chine, Sophie Faure (qui parle très bien chinois, et a une grande connaissance sur les proverbes chinois) et André Piertri (?), le moins impressionnant parmi les 4 personnes présentes, mais qui reste quand même un homme de qualité selon ce que j'ai vu.

Ils ont bien débattu pendant l'émission, sur plusieurs sujets intéressants : management chinois, comparaison Français et Chinois, intérêt des sociétés chinoises pour l'Europe...

Quelques points intéressants que j'ai relevés pendant l'émission :

Lin Cheng a dit le management chinois "idéal" serait selon Jiang Zeming : le sens global du collectivisme japonais, la créativité américaine, le management moderne européen sans oublier le parti communiste. :o)
Lin Cheng a fait une drôle comparaison entre Français (plus individuel) et Chinois (plus collectif) : quand il donnait entretien à un Français, il parle plus de salaire, l'évolution etc au contraire, avec un Chinois, quand on lui pose la même question : qu'est ce que tu veux faire? il répondait : qu'est que je peux faire pour l'entreprise? Et oui, un esprit différent, ce qui fait qu'un Français se trouve souvent sur des projets au démarrage pour son autonomie et sa créativité, et Chinois sur des projets démarrés pour sa discipline...
Lin Cheng a aussi protesté l'attitude des certains européens vis à vis des sociétés chinoises : Ericsson a 20% de marché en Chine tandis que ZTE en a 30%, en Europe ZTE n'occupe même pas de 2% de marché, et on parle déjà de l'invasion chinoise. Si les Chinois ferment la frontière vis à vis de l'Europe, cela fera plus de mal à l'Europe qu'à la Chine. (son point de vue personnel)

Ce point a été également défendu par le professeur Larçon qui dit de se réjouir qu'un Chinois a acheté Volvo. Dans l'automobile, les voitures privées n'existaient même pas à Pékin il y a 20ans, mais aujourd'hui, il y a non seulement des entreprises privées comme Chery, Geely, BYD, mais aussi des centaines de joints-ventures (donc contrôlé et présidé par l'état) qui avancent à la vitesse de lumière. Cette croissance est donc soutenue non seulement par des besoins d'un peuple qui en a envie, mais aussi par les étudiants très dynamiques, sortant des meilleures universités chinoises comme TsingHua, Pékin etc.

Lin Cheng est un grand homme, mais il a aussi sa faille : il a dit qu'il donne son salaire à sa femme (qui est Française). C'est bien chinois, cela!!

L'autre intervenante Sophie Faure parle de syndrome grenouille 坐井观天. L'histoire d'une grenouille qui regarde le ciel en bas de son puit en pensant que la couleur de ciel est celle qu'elle voit depuis le puit... Enfin, elle a parlé aussi de 站如松,坐如钟,走如风。droit comme pin, assis comme cloche et marcher comme vent. vraiment très forte, je suis impressionné.